Dernières nouvelles

SORTILEGE - Virginie DORLOT

Je vais probablement bientôt mourir et je ne sais même pas de quoi. Tout cela est arrivé si vite.
Il y a à peine un mois, je revenais de mon stage en maison de retraite où je me formais pour être aide-soignante. Un métier qui ne me disait rien du tout puisque je voulais être auxiliaire puéricultrice en crèche à l'époque. A présent, je sais que ce n’est plus possible. Je n'ai pas envie de traumatiser les enfants. J'aurais pourtant tant voulu leur apporter ma tendresse. Ils auraient été les enfants que je n'aurais peut-être jamais. Et ce jour-là, j'y songeais. Tout était clair devant moi. L'avenir était certain et je me fichais des moqueries ou des dévalorisations permanentes que je subissais dans ma famille. Je savais ce que je voulais faire et c'était tout ce qui comptait.
 
Et puis, elle est entrée dans ma vie.
 
Une vieille femme sans âge et sans élégance. Petite, le visage buriné, la peau fripée, de grosses lèvres lippues et de petits yeux qui s'ouvraient à peine et où l'on apercevait deux puits sombres... [LIRE]

T'ES ENCORE MA FEMME... - SÔ

T’es encore ma femme qu’il disait sans arrêt, je t’aime, ne t’en vas pas… Ah, oui, ben moi j’en suis pas si sûre que cela !
Cela fait des mois maintenant que nous ne dormons plus ensemble, cela fait des mois qu’un autre me parle et me réconforte, au plus sombre de la nuit, quand le sommeil ne veut pas de moi. Cela fait des mois qu’un autre me déshabille du regard, me sourit et me chuchote des mots doux à l’oreille.
Mais, non, il continue quand même, avec sa ritournelle plaquée comme une interdiction de partir : « t’es encore ma femme ».
Il me raconte les jours heureux et nos folles aventures, quand seule l’épaisseur d’un vêtement nous séparait, nos ébats amoureux dans les endroits les plus fous, nos mots d’amour passionnels dits juste avec les yeux…
Mais pauvre fou, cela fait des centaines de jours que je ne vibre plus sous la caresse de tes mains, que je n’entends plus la musique dans ta voix, que je ne me noie plus dans la profondeur de ton regard !
T’es encore ma femme, qu’il me dit en pleurant... [LIRE]

DANS MON IMMEUBLE - SÔ

Ca recommence, la Belle au Bois Dormant s’engueule encore avec son Prince Charmant ! Qu’est-ce-qu’il lui a fait cette fois-ci ? Il est rentré déchiré, après une soirée avec ses potes les trois Mousquetaires où, peut-être, qu’il a de nouveau trop collé Cendrillon à la soirée de Mr et Mme Petit Poucet ?
Tous les samedi soirs c’est la même, ils commencent à me fatiguer ces deux-là. S’il n’y avait qu’eux ce serait encore à peu près supportable, mais ma cage d’escalier c’est la cour des miracles en permanence ! Entre la famille Shrek du troisième qui laisse ses quatre mômes se rouler dans la boue devant le hall d’entrée chaque fois qu’il pleut, le couple Ogre qui te mate toutes les poussettes avec des envies de jambon cuit à point et la Blanche Neige du cinquième, mère célibataire, qui élève seule ses sept chiards, il y a vraiment des fois, où je pète les plombs... [LIRE]

CAFE DE LA GARE - SÔ

Il est là, grand et gauche, le regard fuyant, les mots hésitants. Bien sûr, il est venu de son plein grè mais quand même, il est gêné. Il s’interroge encore sur les raisons qui l’ont poussé à se trouver là à cet instant précis. Il regrette soudain sa routine quotidienne, son temps bien maitrisé, ses sentiments bien ordonnés. Elle a fini par le faire céder, par l’attirer, par envahir presque toutes ses pensées. Alors, il est là, dans ce café où ils se sont donnés rendez-vous pour la première fois. Il l’attend en espérant, peut-être, qu’elle ne viendra pas, que toute cette folie s’arrêtera là.

Elle est là, assise bien droite sur sa chaise, devant ce café qu’elle n’arrive pas à boire. Elle observe tous les hommes qui franchissent la porte en essayant de ne pas se faire remarquer, elle voudrait être invisible sauf pour lui... [LIRE]

LES CHOSES DE LA VIE - DOMI

Elle marchait, l’allure pressée.
Ses talons claquaient sur le trottoir, en un rythme endiablé.
Elle avait l’air perdue dans ses pensées, nerveuse.
- Je les lui ferai bouffer ses chaussettes ! se disait-elle à mi voix.
Elle serrait maintenant ses poings, si fort qu’il lui semblait que ses longs et fins ongles traversaient sa paume.
Mais elle s’en foutait, elle marchait, énervée.
Derrière elle, à a peine un mètre ou deux, un jeune homme suivait ses pas, l’air fâché lui aussi.
Les mains dans les poches, il avait l’air d’y trifouiller nerveusement, comme un chien enragé qui tenterait de se contenir.
- On a d’autres putain de choses à foutre que de s’engueuler pour des conneries ! se disait-il à mi voix.
Ils se sont disputés il y a quinze minutes de cela, encore pour les mêmes raisons stupides.
Une bouteille de shampoing qu’il a oublié de fermer, un tube de dentifrice qui reste ouvert toute la journée et dont une pâte toute dure se forme sur le sommet, des chaussettes en boules dans la machine à laver, ça ne nettoie pas bien,… [LIRE]

LE GENIE - DOMI

Ce matin Denis avait encore dix-sept ans.
Il ne devait pas se raser tous les jours car sa blondeur et sa pilosité lui permettait de longs jours de relâche.
En se réveillant, il se sentait tout puissant, plein de vie, Denis était amoureux.
Pas d’une fille en particulier, non Denis était simplement amoureux.
Il aimait et il était temps d’en faire quelque chose.
Ca le rendait fou, robuste et puissant, non pas que Denis avait des moments de faiblesses, car Denis avait cette certitude que rien au monde ne pouvait l’ébranler.

Il avait toujours eu ce comportement, à l’école il n’était pas mauvais, il excellait même dans certaines matières, comme la philosophie, la littérature, mais n’avait pas de prédilection pour les sciences.
Il avait compris très jeune, que l’art de manipuler les gens pouvait être un atout considérable.
Tout partait de l’image que l’on reflétait, il suffisait de l’imposer comme vision de lui-même aux autres pour qu’ils en soient convaincus... [LIRE]

RENCONTRE - DOMI

Patrick aimait le contact avec la nature.
Se balader avec turlutte, son basset hound, qui gambadait partout en remuant la queue.
C’était quasiment les seuls moments où il quittait son ordinateur.
Il n’a jamais été très sociable, ses expériences passées avec ses congénères humains étaient désastreuses et il en gardait un souvenir plutôt amer.
Patrick a toujours été un geek, une sorte d’extra-terrestre mi-humain, mi-machine qui parle une langue étrange faite d’octets, de chiffres binaires, de codes ASCII, de softwares, de hardwares,…
Physiquement, la physionomie à Patrick collait assez bien au reste. Un corps auquel on constatait au premier coup d’œil que le manque d’activités récurrentes poussait les glucides à s’agglutiner pour lui sculpter une silhouette proche du bonhomme Michelin.
Sa tonsure commençait à l’abandonner petit à petit, comme une promesse sur le temps, il voyait son crâne se dénuder lentement, similaire à un striptease amateur effectué par une vielle femme au foyer, qui confondrait lenteur avec sensualité, qui aurait tendance à s’éterniser... [LIRE]

Dernière mise à jour de cette page le 23/11/2009

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